L'ESS contre l'économie collaborative capitaliste
Qui remportera la bataille des valeurs ?
L'économie collaborative et l'économie sociale et solidaire sont deux modèles économiques qui ont émergé ces dernières années avec l'avènement des technologies numériques et une volonté croissante de repenser les pratiques économiques traditionnelles. Bien qu'ils partagent certaines similitudes, ces deux modèles présentent des différences fondamentales.
Économie collaborative vs Economie Sociale et Solidaire (ESS) : Différences essentielles
L'économie collaborative repose sur le principe de mise en relation directe des utilisateurs, facilitée par les plateformes numériques (Airbnb, Uber, Blablacar, Leboncoin ...). Elle permet de partager des biens, des services ou des connaissances entre pairs. En revanche, l'économie sociale et solidaire (ESS) est un modèle économique basé sur des valeurs de solidarité, de coopération et d'utilité sociale. Elle vise à répondre aux besoins de la société de manière durable et responsable.
Les principales différences entre ces deux modèles résident dans leur finalité, leur gouvernance et leur structure. L'économie collaborative se concentre souvent sur la rentabilité financière et est généralement basée sur des entreprises capitalistiques. En revanche, l'ESS met l'accent sur l'intérêt général, avec une gouvernance démocratique et des structures coopératives ou associatives.
Les risques de l'économie collaborative capitalistique: L'exemple de BlaBlaCar
Bien que l'économie collaborative puisse offrir de nombreux avantages, sa version capitalistique comporte des risques potentiels. L'exemple de BlaBlaCar, initialement basé sur des principes de partage et de convivialité, illustre ces risques. Au fil du temps, BlaBlaCar est passé d'un modèle gratuit à un modèle payant, mettant l'accent sur la maximisation des profits. Cette évolution a entraîné une perte de l'esprit de partage et de confiance qui caractérisait le covoiturage, en faveur d'une approche économique justifiée par plus de sécurité. (trouvez un article édifiant concernant BlaBlaCar sur Mediapart)
L'entreprise capitaliste a réussi à récupérer les valeurs de base de l'ESS pour gagner le gros des parts de marché (avec des moyens colossaux en marketing et communication) puis a transformé petit à petit le modèle vertueux en une machine à générer de l'argent. Cela a conduit à une dégradation de l'expérience des utilisateurs, avec des conducteurs qui cherchent à maximiser leurs gains en se comportant davantage comme des taxis et des passagers adoptant une attitude plus individualiste. Et ça marche incroyablement bien! Mais est-ce vraiment ce que l'on souhaite en y réfléchissant bien ?
Les défis des projets de l'ESS et la responsabilité des communautés
Les projets de l'ESS, tels que KAL, sont confrontés à divers obstacles pour émerger et se développer. Parmi ces défis figurent la sensibilisation du public, la concurrence avec des modèles économiques traditionnels, la recherche de financement ...
Ce n’est franchement pas gagné... mais la fatalité n'est pas inévitable! Les communautés ont un rôle essentiel à jouer dans la défense et la promotion des projets de l'ESS. Elles doivent se mobiliser pour soutenir ces initiatives, les challenger pour bien comprendre leur valeur et leur contribution à la société. Les communautés peuvent s'approprier les projets de l'ESS en devenant des utilisateurs actifs et en promouvant leurs avantages. Elles peuvent également participer à leur gouvernance, en apportant leurs idées et en contribuant à la prise de décisions. En travaillant ensemble, des personnes éclairées peuvent renforcer la viabilité et la durabilité des projets de l'ESS qui leur tiennent à coeur.
Enfin, les politiques publiques doivent plus reconnaître et soutenir l'ESS en créant un environnement favorable à son développement. Des incitations fiscales, des programmes de financement spécifiques et des réglementations adaptées peuvent encourager la croissance des projets de l'ESS et faciliter leur intégration dans le quotidien des citoyens engagés et responsables.